Manifeste
Le Manifeste

Pour une écologie
de l'abondance

Nous refusons de choisir entre la planète et la prospérité.

"La transition énergétique est la plus grande transformation économique depuis la révolution industrielle. Elle peut être un moteur de croissance ou un vecteur d'appauvrissement. Nous choisissons la croissance."

I. Le constat

Depuis trente ans, un récit s'est imposé dans une partie de la gauche écologiste : pour sauver la planète, il faudrait produire moins, consommer moins, vivre moins. Ce récit est faux — et dangereux.

Il est faux parce que les données le contredisent. La France a réduit ses émissions de CO₂ de plus de 25% depuis 1990, tout en voyant son PIB croître de plus de 38%. Ce découplage entre activité économique et émissions de carbone est documenté par l'INSEE, confirmé par Carbone 4, et reconnu par les agences internationales.

Il est dangereux parce qu'une écologie de la contrainte et de la pénurie provoque inévitablement une réaction politique violente. Les Gilets Jaunes de 2018 nous l'ont rappelé avec force : quand la transition écologique est ressentie comme un appauvrissement des classes populaires, elle devient politiquement insoutenable.

II. L'erreur décroissante

La décroissance est un projet économique masqué en projet écologique. Ses fondements intellectuels — gestion centralisée des ressources, critique de la production marchande, résistance à l'innovation technologique — sont les fondements du marxisme repeints en vert.

Le projet économique du marxisme consiste à gérer la pénurie. Le projet décroissant aussi. Dans les deux cas, la liberté économique des individus est suspectée, l'abondance est présentée comme un problème, et la prospérité comme une faute morale.

Nous refusons cette vision du monde. Non par indifférence au climat, mais parce qu'elle est inefficace, injuste et politiquement suicidaire.

III. Notre thèse

La transition énergétique a besoin de la croissance économique pour trois raisons fondamentales :

  • 1. L'investissement : La décarbonation coûte des centaines de milliards d'euros. Ces investissements — dans le nucléaire, les renouvelables, l'isolation des bâtiments, les véhicules électriques — ne peuvent être financés que par une économie qui croît.
  • 2. L'acceptabilité sociale : Une population appauvrie rejette les contraintes environnementales. L'adhésion à la transition requiert que celle-ci soit perçue comme une opportunité, pas comme une punition.
  • 3. L'innovation : Les technologies qui permettront la décarbonation — hydrogène, batteries, captage de CO₂ — naissent dans des économies dynamiques, pas dans des économies en stagnation.

IV. Le modèle français

La France n'est pas un exemple parfait, mais elle est un contre-exemple aux thèses décroissantes. Son mix énergétique décarbonné — grâce au nucléaire — lui permet d'avoir une des intensités carbone par euro de PIB les plus faibles d'Europe. Son tissu industriel, ses PME innovantes, ses champions technologiques montrent qu'économie et écologie peuvent avancer ensemble.

Les études de l'INSEE (voir les données) et de Carbone 4 (publication découplage) documentent ce découplage. Le rapport RTE de 2022 confirme que la trajectoire de décarbonation française est compatible avec la croissance économique.

V. Notre appel

Nous appelons tous ceux qui refusent de choisir entre la planète et la prospérité à rejoindre les Optimistes de la Croissance. Entrepreneurs, ingénieurs, économistes, citoyens — la transition énergétique a besoin de vous, non pas pour la freiner, mais pour l'accélérer.

La vraie écologie est une écologie de l'abondance, de l'innovation et de la liberté. Nous la défendons.